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VIF-ARGENT

Un film de Stéphane Batut
France - 2019 - 106'
SUISA 1013.566
Date de sortie: 13.11.2019

Juste erre dans Paris à la recherche de personnes qu’il est seul à voir. Il recueille leur dernier souvenir avant de les faire passer dans l’autre monde. Un jour, une jeune femme, Agathe, le reconnaît. Elle est vivante, lui est un fantôme.

« Ici, les mots manquent pour restituer le sortilège des images, l'interprétation à fleur de peau des comédiens et la grâce irréelle qui caractérise ce petit miracle cinématographique. »
— Mathieu Loewer - Le Courrier

« Totalement fascinant. Grand film à cheval entre les vivants et les morts, il faut absolument se laisser porter à la découverte de cet insaisissable objet. »
— Pascal Gavillet - Tribune de Genève

« Il y a dans Vif-argent le même amour du 7e art que dans After Life. Batut, qui jusque-là travaillait dans l’ombre comme directeur de casting (pour Mathieu Amalric, Xavier Beauvois, Claire Denis, Arnaud Desplechin ou encore Paul Verhoeven), semble prendre un malin plaisir à déjouer les règles du cinéma de genre, du film romantique et de la narration, pour tendre vers un objet cinématographique à la fois d’une infime fragilité dans sa façon d’entremêler le monde des vivants et des morts (tout esprit rationnel y trouvera forcément des incohérences), et d’une grande force émotionnelle dans son évocation de l’histoire de Juste le fantôme et Agathe la vivante. »
— Stéphane Gobbo - Le Temps

Avec Thimotée Robart, Judith Chemla, Djolof Mbengue, Saadia Bentaïeb

Scénario Stéphane Batut, Christine Dory et Frédéric Videau Image Céline Bozon
Son Dimitri Haulet, Benoît Hillebrant et Florent Lavallée Montage François Quiqueré Musique Benoît de Villeneuve et Gaspar Claus Production Zadig Films

Stéphane Batut s'entretient avec Serge Kaganski :

« Dans le projet Vif-Argent, qu’est-ce qui est venu en premier : la grande histoire d’amour ou les morts-vivants ?

Rien de ça. Mon point de départ, c’était un assemblage composite des souvenirs que je gardais de personnes rencontrées lors de castings. Qu’ils soient acteurs ou non-professionnels, je leur demande souvent de me raconter un souvenir. Certains de ces souvenirs avaient une dimension universelle, j’ai commencé à les monter ensemble. L’idée était de réaliser un portrait de la ville à travers ces gens rencontrés au hasard des rues. J’ai compris ensuite que celui qui pourrait faire le lien entre ces souvenirs serait une sorte d’alter-ego qui aurait un caractère fantastique. Quand j’écoutais ces histoires, j’y voyais quelque chose de fatal, comme une esquisse du destin de ces personnes. Je voyais en eux, déjà, des fantômes, figures éminemment cinématographiques. L’histoire d’amour est venue ensuite. Si ce spectateur des histoires des autres devait en vivre une à son tour, elle devait être une histoire d’amour : sa découverte de l’amour serait à la fois pour lui la première et la dernière histoire.

Les films de fantômes, de revenants, de morts-vivants sont très nombreux. Aviez-vous des références en tête ?

Mon film n’est fait que de collages, de récits qu’on m’a racontés, que j’ai retranscrits, d’œuvres qui m’ont marqué, de films… J’assume des influences comme Guitry, ou Franju. J’ai piqué plein de choses à des films que j’ai aimés. Je pense que les films sont souvent des réinterprétations d’autres films qui nous ont traversés. Ce que j’aime chez Franju, c’est que son cinéma allie des éléments très fantasmatiques et d’autres très documentaires. J’avais envie que dans ce film ces deux registres s’entrechoquent plutôt qu’ils ne se fondent. Jouer sur des contrastes de couleurs complémentaires. On a filmé les rues, les passants, des acteurs non-professionnels, afin de saisir quelque chose de la ville, de l’époque, qui échappe à la représentation. Quelque chose qui s’impose à nous. Et de manière parallèle, j’ai apposé le fantasme d’un film très fictionnel, fantastique, mélodramatique. Le fantastique et le documentaire se frottent l’un contre l’autre. Des œuvres de Jean Rouch, Abbas Kiarostami ou Charles Burnett m’ont autant influencé que celles de Franju, ce qui peut paraître étrange à la vue du film. »