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posterRETOUR AU PALAIS

RETOUR AU PALAIS

Un film de Yamina Zoutat
Suisse, France - 2017 - 87'
SUISA 1012.466
Date de sortie: 24.10.2018

La première fois que je suis entrée dans le Palais de Justice de Paris, j’avais vingt ans. Il avait déjà mille ans et des poussières. 6999 portes, 3150 fenêtres et 24 km de couloirs, selon la légende. Les nuits où il fallait rester tard pour attendre un verdict, je m’enfonçais dans des couloirs de plus en plus sombres. J’avais la sensation que le Palais était un être vivant. La perspective de son déménagement hâte mon retour. Au fil de ses méandres et de mes rencontres, au fil des histoires tapies dans ses recoins, surgit par fragments le portrait d’une abstraction, la justice.

« Yamina Zoutat a donc raison de mettre au centre de son film la dimension physique du palais. Entre ses murs, ses meubles, ses objets, ses instruments, ses espaces, et le personnel hétérogène qui y travaille et vit, il y a une continuité fascinante. La caméra se plaît à coller aux détails, quelquefois par de grands plans, mais souvent elle se tient également à l’écart, en laissant parler les hors-champ. Dans l’esthétique visuelle du film, concentration et latéralité se mélangent, sans jamais nous donner une vision panoramique et organisée. Le spectateur a du mal à s’orienter dans le palais, comme un voyeur sans contrôle de la situation ; mais la monstruosité labyrinthique du palais et la complexité de son fonctionnement recèlent la vérité de son insaisissabilité. Les personnes que nous y rencontrons semblent également perdues, ou bien satisfaites de se limiter à en occuper une région minuscule, ou encore unies à sa bureaucratie, à ses engrenages, à ses codes. »
— Giuseppe Di Salvatore - Filmexplorer

« Le Palais de Justice fait figure de grand théâtre de la vie, de scène sur laquelle l’existence de chacun, composée d’une multitude de gestes quotidiens, est chorégraphiée (les gardes, les membres du jury suivant méticuleusement les ordres – que faire, où aller –,les standardistes qui répondent au téléphone), muée en symphonie (composée des cris distants des accusés, du son net et régulier des chariots de courrier, du tic-tac de la pendule), comme pour nous rappeler que la réalité n’est en fin de compte que spectacle, rêve et rituel. Le Palais devient alors un personnage parmi d’autres, le réceptacle de la tragédie humaine mais aussi le symbole de la justice qui se veut universelle. C’est une entité à mi-chemin entre le monstrueux et le divin, mais aussi le symbole d’une société en constant changement. Un film puissant à découvrir avec tous ses sens. »
— Muriel Del Don - Cineuropa

Scénario Yamina Zoutat Image Yamina Zoutat Montage Marie-Pomme Carteret Production Elefant Films, Les Films d’Ici et RTS Radio Télévision Suisse

Extrait du portrait de la réalisatrice Yamina Zoutat - 24 heures :

« Le film résulte d’une collision entre mon intimité de cinéaste et cette institution. J’ai suivi énormément de grands procès. Mais de tous les palais, c’est celui de Paris qui m’a le plus impressionnée. On y sent encore les strates du passé. Il a même été la demeure des rois de France, il y a très longtemps. J’ai filmé ce palais comme s’il s’agissait d’un personnage. Il y avait des lieux interdits, j’ai dû attendre des dizaines d’autorisations, mais au final, j’ai pu filmer ce que je voulais. Notamment la grande salle des Assises, que personne n’avait jamais filmée. Il m’a fallu une patience folle. »