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L'ENGLOUTIE

un film de Louise Hémon
France - 2025 - 98'
date de sortie: 04.02.2026

1899. Par une nuit de tempête, Aimée, jeune institutrice républicaine, arrive dans un hameau enneigé aux confins des Hautes-Alpes. Malgré la méfiance des habitants, elle se montre bien décidée à éclairer de ses lumières leurs croyances obscures. Alors qu’elle se fond dans la vie de la communauté, un vertige sensuel grandit en elle. Jusqu’au jour où une avalanche engloutit un premier montagnard…

Bern

01.02.2026 - 15:15, Kino Rex
Vorpremiere mit Regisseurin Louise Hémon

Deutschschweiz

Dès le 12.02.2026, Kinostart

Fribourg

04.02.2026, Korso
Dès le 28.1.2025: LunchKino (tous les jours à 12h15)

Genève

03.02.2026 - 20:00, Les Cinémas du Grütli
En présence de Louise Hémon

La Chaux-de-Fonds

02.02.2026 - 18:15, ABC
En présence de Louise Hémon

Lausanne (Casino de Montbenon)

01.02.2026 - 20:00, Le Cinématographe
En présence de Louise Hémon

Neuchâtel

02.02.2026 - 20:00, Cinéma Apollo
En présence de Louise Hémon

Sainte-Croix

20.02.2026, Cinéma Royal

Suisse romande

04.02.2026, Sortie

«Avec L’engloutie, présenté à la Quinzaine des cinéastes à Cannes, Louise Hémon, formée au documentaire, signe un premier long-métrage de fiction magnifiquement porté par Galatéa Bellugi, habitée par cette femme autonome, insoumise, figure à la fois énigmatique et mystique.

En confrontant deux mondes, deux systèmes de pensée, Louise Hémon propose un film étrange, mystérieux, original, intrigant, dont la narration emprunte les codes du western, un genre qu’elle adore. «L’engloutie» est par ailleurs situé dans des lieux qu’elle connaît très bien, en ayant l’habitude de les fréquenter depuis toute petite. Elle n’a pas non plus eu trop de problèmes à bâtir un scénario, comme elle le précisera à l’issue de la projection. Non seulement la famille de sa mère compte une lignée d’enseignantes envoyées dans des villages perdus, mais elle a pu s’appuyer sur une nouvelle écrite par son grand-père et un article publié par son arrière-grand-tante, elle-même institutrice de montagne. »
Edmée Cuttat, Un film original, mystérieux, sensuel, intrigant, Tribune de Genève / 24 Heures

« L'intelligence de la mise en scène d'Hémon vient de ce que ce renversement n'a rien d'une révélation, il opère à un niveau plus inquiétant, presque surnaturel, sans jamais céder aux facilités du fantastique. La nature environnante se teinte de mystère — les grottes abritent des amours clandestines de deux garçons, les avalanches engloutissent les amants d'Aimée — au fur et à mesure que la jeune femme cède au vertige sensuel de cette vie suspendue. Alors le sens se dérobe, le langage dérape, et celle qui arrivait parée de vertus de la raison se tient désormais envoûtée par le trouble, transformée en créature dangereuse. C'est ce vertige qu'épouse la mise en scène, sans chercher à expliquer, simplement en se tenant, comme son personnage, au bord de l'effondrement. »
Alice Leroy, Histoire d'un vertige, Les Cahiers du Cinéma

« La magnifique photographie de Marine Atlan (Foudre) sublime le visage et le regard de Galatéa Bellugi (Chien de la casse), formidable actrice. Elle est le cœur battant d’un film à la rude beauté. »
Yannick Vely, Paris-Match

« Ça commence grumeleux, avancée pénible dans la neige un soir de tempête. Le moins qu’on puisse dire est que Louise Hémon sait planter un décor : flanc neigeux et abrupts, silhouettes noires se découpant sur la neige grisée par l’obscurité. N’était le blizzard hivernal, on se sentirait au creux d’une conque. Mais nous sommes dans le hameau de Soudain, drôle de nom de conte de fées, où au tournant du siècle dernier arrive une hussarde de la République bien décidée à civiliser les autochtones.

Eclairée à la lumière naturelle, crépitant du craquement des troncs d’arbre et des braises dans l’âtre, l’Engloutie, premier long métrage de fiction de Louise Hémon, fait d’abord l’effet d’une chronique naturaliste remarquable, qui prend son temps pour mettre en regard la jeune institutrice nommée Aimée avec les enfants dont elle a la charge, et la petite communauté où ils grandissent, encore travaillée par la superstition.

Dans la famille de la cinéaste, plusieurs générations d’institutrices ont été envoyées, pour leur premier poste, dans les confins reculés des Alpes, et Louise Hémon a choisi son camp : celui de fixer les histoires pour de bon. Elle s’est inspirée de leurs récits, notamment pour certaines scènes marquantes, plan fixe sur de jeunes hommes s’attardant au soleil allongés sur un rocher qu’Aimée contemple de loin avec un brin de convoitise, villageois clouant un cercueil sur le toit d’une chaumière en attendant le dégel. »
Elisabeth Franck-Dumas, Libération

« L’obscurité est l’une des choses les plus difficiles à obtenir au cinéma, et le noir une couleur presque impossible à rendre dans toute son épaisseur. C’est pourtant dans d’épaisses ténèbres que commence L’Engloutie, une nuit d’hiver et d’encre dont émergent d’abord les points chauds de lanternes, puis quelques silhouettes fragiles qui s’avancent vers la caméra, sous le patronage d’arbres fantomatiques. Dans les chaumières, les visages n’émergeront qu’à la flamme de l’âtre, pour retourner aussitôt à l’ombre.

Présenté à la Quinzaine des cinéastes, le premier long-métrage de Louise Hémon – repérée pour ses documentaires et comme metteuse en scène de théâtre – annonce d’emblée la couleur : voici un film qui rôdera tout du long à la lisière du visible et de l’invisible, et dont chaque image devra s’arracher aux puissances de la nuit. »
Mathieu Macheret, subtil et pulsionnel Le Monde

« Un chef-d'œuvre. »
Emily Barnett, Marie-Claire

« La nature, hospitalière et vengeresse, débordante de vie et pourvoyeuse de mort, sublime et effrayante, devient le miroir de ces êtres qui s’attirent et se découvrent, fusionnent et disparaissent. La fable vénéneuse se gardera bien de résoudre tout ses mystères, parce que certaines de ses cavités ne sont jamais exposées à la lumière. L’Engloutie, dans son chant des profondeurs, dévoilera cependant des mélodies hypnotiques sur l’étendue de ces territoires trop vastes pour que l’homme puisse prétendre les conquérir. »
Sergent Pepper, Fable magnétique où la nature, le désir et les angles morts de l’Histoire reprennent leurs droits : aussi envoûtant qu’insaisissable, Benzine

Avec Galatea Bellugi, Matthieu Lucci, Samuel Kircher

Scénario Louise Hémon Image Marine Atlan Son Elton Rabineau Montage Carole Borne Musique Emile Sornin Production Take Shelter

Ce film convoque un lieu qui nous habite autant qu’il est habité. Il prend corps dans la neige compacte, le vent hypnotique, le bois mat, le papier épais, les peaux rougies par le froid ou les flammes. Il s’attache à des physionomies et des dialectes rarement représentés, unissant interprètes professionnels et habitants de la région.

Sa manière à la fois concrète et imaginaire, car dans cette montagne du tournant des années 1900, les récits peuplent les nuits et hantent les langues. Le huis clos s’ouvre aux voyages.

Le film surprend dans sa façon de camper ce microcosme perturbé par la venue d’une jeune institutrice porteuse des idées de la Troisième République.

On n’assistera ni à l’évolution moderniste d’une population rurale, ni à l’éveil d’une citadine au contact d’une sensualité rustre. Car sa réalisatrice excelle à créer des zones d’ambiguïtés et d’étonnement, à l’image de ce cercueil qu’on enterre pas, mais qu’on clou sur un toit, en attendant le dégel.

La cinéaste trouble les forces en présence. La mise en scène accueille le mutisme et l’opacité, au point qu’une vibration fantastique gagne ce western alpin. La vulnérabilité des hommes et des femmes face à la sexualité s’inverse, se brouille. La République perd son apparat cartésien pour charrier des pulsions d’érotisme et de mort.

Ainsi l’Algérie colonisée qui devient un ailleurs chargé de spectres. La mission civilisatrice de l’héroïne, censée apporter sa lumière aux peuples les plus reculés revêt une ambivalence saisissante. Elle fait écho aux craintes comme aux possibles de notre monde contemporain, où les instituions et savoirs légitimes vacillent.

Voilà un premier film qui ressemble à sa protagoniste : sa sobriété n’est pas sage, elle est le fourreau d’un tempérament déterminé, puissant, énigmatique.

Et dans une année où seuls 24% des films français furent réalisés par des femmes, L’Engloutie de Louise Hémon prouve magistralement combien les réalisatrices renouvellent les fictions sur nos écrans.

Prix André Bazin 2025